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MUSEE GALLIERA - Musée de la Mode de la Ville de Paris

Cache corset
vers 1900

Cache corset
© PMVP

 

Soie et dentelle mécanique
Provenance : don Hure-Godin
Inv.:  GAL
1981.54.21981.54.21981.54.2

Entre 1810 et 1910, la femme est corsetée et revêt dans l’ordre : une chemise, un corset, un cache-corset et un vêtement de dessus. L’architecture intime des dessous semble alors faite d’une étrange accumulation de pièces de lingerie.« Quelques personnes suppriment complètement le cache-corset ; c’est une simplification tentante, car elle rend la silhouette du dessous plus jolie, plus nette de ligne ; mais cela n’est pas sans inconvénient que si l’on renouvelle très souvent ses corsets. » Cette lecture de La Mode pratique (14 janvier 1899) nous fait au moins saisir l’utilité pratique du cache-corset d’antan.

Ce vêtement intermédiaire, peut-être né de l’usage des guimpes au Premier et au Second Empire, se généralise à la fin du XIXe siècle. Après 1900, il prend parfois la forme d’un simple empiècement à bretelles. « Vers 1908, on l’associe très souvent à un pantalon ou à un jupon, pour obtenir la combinaison culotte ou la combinaison jupon qui deviendront dans les années 1920, la combinaison » décrit l’historienne de la mode Madeleine Delpierre (Secrets d’élégance, 1750-1950, Exposition du Musée Galliera, déc.1978-avr.1979). La fonction du cache-corset dans les dessous, supplante donc la chemise, après la disparition du corset lui-même. Dans les modes rétro des années 1970 et de la fin des années 1990, ce type de vêtement - en coton - est porté en haut d’été par certaines jeunes filles.

A la Belle Époque, le cache-corset recèle la sensualité des dessous frivoles. Ainsi, celui qui est présenté ci-contre, est garni de rubans en satin de soie passant dans un trou-trou brodé qui le font bouffer à la ceinture et à la gorge. De petits boutons de nacre ronds sur le devant, rendent le déshabillage délicat et minutieux. L’utilisation de petits plis plats met en valeur le départ de la boutonnière, la naissance du dos. C’est là le motif par excellence de la lingerie - sur le jupon par exemple, le pli plat horizontal sert à dissimuler l’ourlet ou la couture au départ d’un volant.

Il ne s’agit pas pour autant de lingerie « coquine » ou de demi-mondaine. La « civilisation », selon le terme de l’historien Farid Chenoune, du linge de grands magasins et de maisons de blanc, a popularisé l’usage de la soie dans la lingerie pour le plus grand nombre.

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