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Avec
son pendant datant de 1829 intitulé Lenore - Le retour
de l'armée (conservé au musée de Dordrecht),
cette oeuvre s'inscrit parfaitement dans le mouvement romantique.
Ces deux peintures s'inspirent du poète allemand Gottfried
August Bürger (1747 - 1794). Sa ballade, publiée en 1774, fut
connue en France grâce à Madame de Staël qui en fit l'éloge
dans son livre De l'Allemagne paru en 1818. Gérard
de Nerval en fit également des traductions et adaptations entre
1829 et 1834.
L'histoire se passe à l'issue de la guerre de Sept ans (1756 - 1763).
Les soldats retournent chez eux mais Lenore attend en vain son fiancé
Wilhelm. En proie au désespoir, elle blasphème. La nuit,
Wilhelm apparaît enfin, revêtu d'une cuirasse. Il l'emmène
sur son cheval noir lui promettant qu'ils se marieront avant l'aube.
Arrivée au cimetière, Lenore voit les morts sortir de
leur tombe. Le cheval crache du feu, la cuirasse n'abrite qu'un squelette.
Le sol s'ouvre et tous disparaissent dans les profondeurs.
Cette "chevauchée fantastique" qui se caractérise
par une touche libre, proche de celle de Delacroix, baigne dans la
clarté de la lune.
Pratiquement monochrome, l'uvre représente deux mondes
: celui des vivants et celui des morts, ces derniers étant
esquissés de façon floue dans des teintes brunes.
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