| Paris ne saurait céder à la
tentation de devenir une "ville musée", prisonnière de son passé -fût-il
glorieux. Si la cité veut demeurer fidèle à elle-même, à sa vocation de "creuset
culturel", elle a le devoir dêtre à lécoute du présent, attentive à
la diversité du monde, accueillante aux recherches - parfois déconcertantes ! - de la
création contemporaine. Cet esprit daudace, la Ville la manifesté à plus dune reprise dans le passé, en 1937 notamment avec la célèbre exposition des "Maîtres de lArt Indépendant" au Petit Palais, préfiguration du futur musée d'Art moderne. Aujourdhui, la Ville continue de relever le défi, et cest avec la volonté de faire preuve douverture, avec le désir de créer des liens, toujours plus étroits, entre les artistes des cinq continents, quelle poursuit sa politique dexpositions temporaires. Un très bref panorama des plus récentes manifestations aura valeur de manifeste. Est-il nécessaire de souligner le succès des spectaculaires rétrospectives du musée dArt Moderne -celle du grand peintre américain Mark Rothko ou celle du Fauvisme, présenté dans sa dimension européenne ? Quant aux expositions présentées dans la section contemporaine de lARC, elles sont une passionnante expérimentation, un véritable laboratoire de lart : mentionnons pour mémoire "Remake of the Weekend (french)" de Pipilotti Rist et "Da adversidade vivemos", artistes contemporains d' Amérique latine. A côté de cette modernité "au travail", la tradition est bien-sûr à lhonneur dans les musées de la Ville mais une tradition vécue comme un legs quil faut interroger, regarder dun autre oeil. Rappelons que
le Petit
Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, s'il
est aujourd'hui fermé pour rénovation, après
avoir ouvert ses portes à "la Cité interdite", au
"Maroc, trésors du royaume", célèbra
les ors et les fastes du "Brésil
Baroque" - belle occasion de prendre de la distance vis à
vis dune certaine idée du XVIIe et du XVIIIe siècles,
de découvrir avec surprise que le grand Opéra de la
"liturgie" baroque pouvait se chanter avec une autre voix
que celle dont nous avions lhabitude en Europe et en France...
Rappelons enfin que le musée Cognacq-Jay, ce conservatoire de lart français du XVIIIe siècle, a présenté les suites vénitiennes de Zoran Music, peintre résolument moderne mais nourri à létude des maîtres du passé. Si la culture appartient à tous, elle doit aussi être donnée à tous et les grandes manifestations que la municipalité organise "à ciel ouvert ", sont là pour le redire avec force. La capitale expose,
dans certains lieux phares, lart de notre siècle, la
sculpture de notre temps : après le choc des guerriers tristes
dOusmane Sow, lAfricain, sur le pont des Arts (trois
millions de visiteurs !), "Les
Champs de la sculpture 2000" ont été, deux
mois durant, un nouveau terrain de confrontation avec la création
de ces trente dernières années. |
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